Finance islamique : Les recommandations de la Banque mondiale

Après le FMI, la Banque mondiale et la Banque islamique de développement livrent à leur tour leur recette pour la finance islamique. Leurs recommandations rejoignent les conclusions du FMI, tout particulièrement en ce qui concerne l’impératif de développer les sukuks.

Des sukuks souverains avant tout

Pour la Banque mondiale et la BID, il est indispensable de recourir à l'émission de sukuks souverains pour développer le marché financier islamique. Cela apportera de la liquidité et des opportunités de placement pour les banques et assurances participatives. En cas de stress, les banques pourront céder ces titres et disposer ainsi de la liquidité. A ce titre, la Banque mondiale appelle les établissements de crédit et les assurances participatives à introduire des produits et des services de partage des risques novateurs plutôt que de copier les produits de la finance classique basés sur le transfert des risques. Au Maroc, les premiers sukuks souverains seront émis au cours du premier semestre 2017, comme l’avait annoncé le ministre des Finances, Mohamed Boussaid. Le Maroc veut faire vite, surtout que le terrain est propice au développement de ce secteur. Selon le rapport de la Banque mondiale, 54% des PME marocaines expriment leur préférence pour les produits conformes à la Charia. D’ailleurs, ne faut-il pas rappeler que le crédit bancaire représente actuellement à peine 24% du financement de ces structures. D’autant plus que 26,8% de la population marocaine âgée de plus de 15 ans ne disposent pas de compte bancaire pour des raisons religieuses. En tout cas, le plus gros du travail a été réalisé. Au-delà de l’octroi des agréments, le Conseil supérieur des Oulémas vient de son côté de valider les circulaires fixant le fonctionnement technique des produits participatifs.

Takaful : Il faut faire vite

Les banques exhortent aussi les pouvoirs publics à développer les institutions financières non bancaires, qui demeurent sous-développées ou sous-utilisées dans plusieurs pays. L’idée est de développer l’assurance Takaful, dont le dispositif légal (les circulaires notamment) n’a pas encore été bouclé au Maroc. Le mécanisme facilitera l’accès des ménages et des entreprises aux services financiers, indique-t-on.

Unification des règles

Il faudra aussi harmoniser les règles de la charia et unifier les jugements rendus dans le domaine de la finance islamique dans les différents pays, préviennent les deux institutions financières. Leur rapport classe en tout cas le Maroc parmi les pays les mieux notés en matière de crédibilité de la gouvernance 'chariatique' de la finance islamique. Le document précise que des pays comme le Maroc, le Bahrein, l’Indonésie et le Nigeria empruntent la même démarche que la Malaisie en mettant en place leur propre cadre de réglementation et de gouvernance.